"Je me reposais aux bords du Rhône, lorsque j'appris qu'on cherchait un homme, un ingénieur à même d'enseigner au sultan du Maroc tout d'abord la photographie, dont il s'était épris, puis de l'initier, au besoin, aux plus récentes découvertes modernes : derniers perfectionnements de l'électricité, téléphonie et télégraphie mêlées, cinématographe et phonographe, bicyclette et jusqu'à l'automobile, si la chose lui chantait. Pourquoi pas moi ? L'occasion était excellente de voir un pays nouveau, plus mystérieux et plus fermé encore que tous ceux que j'avais parcourus jusque-là. Ma candidature fut posée. On m'agréa. Je partis. C'était au commencement de 1901 (...)"
(extrait du livre de Gabriel Veyre, "Dans l'intimité du sultan", 1905)

Dès son arrivée au palais de Marrakech, Gabriel Veyre installe son atelier. Le sultan Moulay Abd el Aziz est âgé d'une vingtaine d'années et veut tout connaître, du maniement du vérascope aux mystères de la chambre noire, jusqu'à la magie "des clichés aux trois couleurs". Pendant les sept années passées dans l'intimité du sultan, Gabriel Veyre, promu "ingénieur de sa Majesté Chérifienne", ne cesse de photographier la vie à la cour, les proches du sultan, ses femmes, mais aussi les scènes de la vie quotidienne dans les ruelles de Fès et de Marrakech.